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Tabac et sevrage tabagique : comment arrêter de fumer ?

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Dans notre pays, le tabagisme est la première cause de mortalité évitable avec environ 73 000 décès par an. En effet, un fumeur régulier sur deux meurt prématurément des conséquences de son tabagisme. En 2014, on comptait en France 34 % de fumeurs, dont 28 % de fumeurs quotidiens. 60 % de ces fumeurs environ déclarent vouloir arrêter définitivement.

Plusieurs risques sont liés au tabagisme

D’abord celui de dépendance physique due essentiellement à la présence de nicotine dans le tabac.

Puis celle psychologique : en effet, le tabac est un moyen de se faire plaisir, de gérer son stress, de se stimuler ou se concentrer, etc. On explique cette dépendance par les effets psychoactifs de la nicotine qui procure plaisir, détente, stimulation intellectuelle, action anxiolytique, antidépressive et coupe-faim.

La dépendance est aussi environnementale ou comportementale, c’est-à-dire qu’elle est influencée par la pression sociale associée à des circonstances, à des personnes et à des lieux ou événements qui provoquent l’envie de fumer.

Ensuite il y a les risques de développer une ou des maladies comme le cancer ou les maladies cardio-vasculaires. On constate qu’un cancer sur trois est dû au tabagisme, le plus courant étant celui du poumon (90 % des cas sont liés au tabagisme actif et 5 % au tabagisme passif). D’autres cancers sont également souvent causés par le tabac : gorge, bouche, lèvres, pancréas, reins, vessie, utérus.

De plus, fumer est un des principaux facteurs de risque d’être touché par un infarctus du myocarde. Les accidents vasculaires cérébraux, l’artérite des membres inférieurs, les anévrismes, l’hypertension artérielle peuvent être liés au tabagisme.

Une autre pathologie majoritairement causée par le tabagisme est la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Elle se constate par une bronchite chronique (toux grasse pendant plusieurs mois l’hiver), ou des bronchites à répétition, une dyspnée (difficulté à respirer) qui s’installe progressivement. A long terme, la BPCO évolue vers une insuffisance respiratoire chronique.

D’autres pathologies sont causées ou aggravées par le tabagisme : les gastrites, les ulcères gastro-duodénaux, le diabète de type II, l’hypercholestérolémie, l’hypertriglycéridémie, l’eczéma, le psoriasis, le lupus, les infections ORL (Nez – gorge – oreilles) et dentaires, la cataracte et la DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age) pouvant aboutir à la cécité, la parodontite.

Chez la femme enceinte, fumer comporte des risques pour la grossesse et pour le développement du fœtus : grossesse extra-utérine, fausse-couche précoce, mort fœtale in-utéro, accouchement prématuré, retard de croissance intra-utérin et petit poids de naissance (- 300 g en moyenne).

Finalement, quels sont les bénéfices de l’arrêt du tabac ?

Arrêter de fumer réduit tout d’abord de façon importante les risques cités ci-dessus. 

Mais l’arrêt est aussi bénéfique pour la beauté en général : le teint s’améliore, les rides diminuent, les dents sont plus blanches, l’haleine plus agréable, la voix plus claire, etc.

La nicotine est une substance excitante, non calmante, donc arrêter de fumer permet également d’être plus détendu car les battements du cœur ralentissent et la pression artérielle diminue.

Enfin, l’arrêt du tabac permet de faire de belles économies sur le long terme.

Alors, comment arrêter de fumer et comment accompagner le sevrage tabagique ?

Le sevrage tabagique consiste à arrêter de consommer du tabac afin de se défaire de sa dépendance. Pour être sevré(e) sans traitement de substitution, il faut compter environ un mois après l’arrêt du tabac. Pendant ce temps, plusieurs symptômes liés au manque de nicotine peuvent apparaître :

des pulsions à fumer, une irritabilité, une nervosité, une agitation, une anxiété, des perturbations du sommeil, une fatigue, une humeur dépressive, des troubles de la concentration intellectuelle, une augmentation de l’appétit, une prise de poids ou une constipation.

Pour aider le fumeur à arrêter, la haute autorité de santé (HAS) recommande un accompagnement par un professionnel de santé. Il existe plusieurs moyens pour aider le fumeur :

On utilise en première intention des substituts nicotiniques disponibles sans ordonnance en pharmacie : gommes à mâcher, patchs à appliquer sur la peau, nicotine à aspirer grâce à un inhalateur, en pulvérisation buccale ou en comprimés à sucer ou à faire fondre sous la langue. L’Assurance Maladie rembourse ces traitements sur prescription médicale. Depuis le 1er janvier 2019, ces traitements sont remboursés sur prescription à 65 % par l’Assurance Maladie.

En seconde intention, on peut utiliser d’autres médicaments, pris en charge également, uniquement sur ordonnance avec suivi médical, si les substituts nicotiniques n’ont pas fonctionné : bupropion LP ( Zyban  ®) et la varénicline ( Champix  ®). Dans ces indications, ce médicament est remboursé à 65 % par l’Assurance Maladie, et délivré uniquement sur prescription médicale.

De plus, des thérapies comportementales associées aux médicaments ont fait leurs preuves.

Il y a également la médecine douce comme l’acupuncture, l’hypnose, les cigarettes sans tabac, ou l’homéopathie… pouvant être utilisés en complément du traitement de base.

Par qui se faire aider pour arrêter la cigarette ?

Au 39 89, l’équipe de Tabac info service répond aux questions sur le tabac et apporte un suivi gratuit et personnalisé par un tabacologue.

On peut contacter aussi directement un tabacologue, ici sur l’annuaire des professionnels :

https://www.tabac-info-service.fr/L-annuaire-des-consultations-de-tabacologie

Une application existe : il est possible de télécharger gratuitement (app store ou google play) l’ecoaching Tabac info service pour avoir un accompagnement personnalisé :

https://www.tabac-info-service.fr/J-arrete-de-fumer/Je-telecharge-l-ecoaching

Consulter son médecin traitant ou le pharmacien qui pourra renseigner sur les traitements de substitution et aider le patient à choisir celui le plus adapté.

La loi du 26 janvier 2016 de modernisation du système de santé  autorise, en plus des médecins et des sages-femmes, les médecins du travail, les chirurgiens-dentistes, les infirmiers(ères) et les masseurs-kinésithérapeutes à prescrire les traitements nicotiniques de substitution.

En effet, les infirmiers participent à la prise en charge du sevrage tabagique, et selon une étude de l’hôpital européen GeorgesPompidou (HEGP), AP-HP, dans ce contexte, les infirmiers peuvent avoir plusieurs missions : éducation, prévention, conseil, certaines prescriptions.

Professionnels, comment aider vos patients ?

Il existe un diplôme interuniversitaire (DIU) de tabacologie proposé dans plusieurs universités françaises qui forme notamment des infirmiers diplômés d’État (IDE) pouvant ensuite intégrer des consultations de tabacologie ou des filières de soins addictologiques.

Ici vous trouverez toutes les informations pratiques pour aider au mieux vos patients :

http://pro.tabac-info-service.fr/Je-m-informe/S-informer

Le professionnel doit comprendre la motivation du patient à arrêter puis repérer ses freins, ses forces, faire le point sur sa consommation actuelle et l’aider à garder une motivation sur le long terme en mettant en place un plan d’action quand le patient fait la démarche de venir le voir.

Si le patient fume mais ne parle pas d’un éventuel arrêt alors le professionnel pourrait le repérer, le sensibiliser sur les risques et lui proposer l’arrêt avec les solutions adaptées. Il est conseillé de remettre au patient un écrit sous forme de dépliant ou de brochure pour appuyer son discours.

Il existe des outils afin d’aider les professionnels à connaitre l’état de dépendance de leurs patients et leurs motivations et croyances que vous trouverez ici :

http://pro.tabac-info-service.fr/Je-depiste-et-conseille-l-arret/Conseiller-l-arret

Tous les ans l’évènement Novembre sans tabac sensibilise à l’arrêt !

Cet événement est un défi collectif qui propose aux fumeurs d’arrêter pendant un mois et avec le soutien de leurs proches. Il est possible de s’inscrire soi-même ou de soutenir un proche sur ce programme ici 

https://mois-sans-tabac.tabac-info-service.fr/

Au programme : des services gratuits, du coaching, l’accès à un calendrier, la possibilité d’être en relation avec sa communauté 


En général, ceux qui souhaitent stopper la cigarette le font sans aide, sans en parler à un médecin et risquent l’échec alors que le professionnel de santé avec de simples conseils peut aider considérablement à réussir l’abstinence à long terme (> 6 mois). Il est donc conseillé de se faire aider par un professionnel afin de réussir à arrêter sur le long terme.


SOURCES

https://www.tabac-info-service.fr/Le-tabac-et-moi/Les-effets-nefastes-du-tabac-pour-moi?gclid=EAIaIQobChMI-LCEn6_a5QIVwXzTCh3-oQJ8EAAYASAAEgJLf_D_BwE#xtor=SEC-5-GOO-[Risques_Tabac]–S-[%2Btabac%20%2Brisques]

https://www.tabac-info-service.fr/Le-tabac-et-moi/Ce-que-l-arret-va-m-apporter?gclid=EAIaIQobChMIspmVsMHa5QIVCbLtCh19HQgKEAAYASAAEgKrBvD_BwE#xtor=SEC-4-GOO-[B%C3%A9n%C3%A9fices]–S-[b%C3%A9n%C3%A9fices%20de%20l%20arr%C3%AAt%20du%20tabac]

https://www.doctissimo.fr/html/dossiers/tabac/niv2/comment-arreter-de-fumer.htm

https://www.doctissimo.fr/sante/arreter-de-fumer/sevrage-tabagique/symptomes-sevrage-tabagique

https://www.doctissimo.fr/html/dossiers/tabac/arreter_fumer_sevrage_syndrome.htm

https://www.ameli.fr/infirmier/exercice-liberal/prescription-prise-charge/regles-exercice-formalites/prise-en-charge-sevrage-tabagique

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